mercredi 28 mai 2008
lundi 26 mai 2008
vendredi 16 mai 2008
jeudi 15 mai 2008
mardi 13 mai 2008
ALICE
lundi 5 mai 2008
Histoire divers glanée
Histoire du père X.
Histoire glanée.
Un homme tente d’embarquer un jeune père de famille dans une histoire louche. Il lui fait promettre que si il vend tout ce qu’il possède, il pourra devenir riche gestionnaire d’une entreprise. Contexte de pauvreté extrême. Un jour, le père de famille se rend chez le gestionnaire, dans le comté de Richmond. Arrivé là-bas il découvre l’homme d’affaire avec un jeune adolescent boutonneux. L’atmosphère est lourde. L’entreprise dont l’homme parlait s’avère plutôt pauvre, moins glorieuse. L’homme d’affaire et le père commence à discuter. Il demande à la femme de partir, de manière arrogante. La femme qui tient dans ses bras un jeune enfant et dans sa main, la main d’une autre fillette, promet au père de sa famille que si elle quitte la pièce, elle ne la reverra plus jamais. Le père de famille quitte alors aussi. On comprend que l’homme d’affaire à des mœurs douteuses et qu’il charmait le père de famille. Très longtemps, l’histoire reviendra et le père de famille aura honte. La mère quant à elle la racontera pour servir d’avertissement contre le chaos que le père a frolé.
Quand on raconte cette histoire, on sent la honte du père et puis on a honte aussi. Il y a sûrement une morale, mais je ne sais pas laquelle.
Histoire glanée.
Un homme tente d’embarquer un jeune père de famille dans une histoire louche. Il lui fait promettre que si il vend tout ce qu’il possède, il pourra devenir riche gestionnaire d’une entreprise. Contexte de pauvreté extrême. Un jour, le père de famille se rend chez le gestionnaire, dans le comté de Richmond. Arrivé là-bas il découvre l’homme d’affaire avec un jeune adolescent boutonneux. L’atmosphère est lourde. L’entreprise dont l’homme parlait s’avère plutôt pauvre, moins glorieuse. L’homme d’affaire et le père commence à discuter. Il demande à la femme de partir, de manière arrogante. La femme qui tient dans ses bras un jeune enfant et dans sa main, la main d’une autre fillette, promet au père de sa famille que si elle quitte la pièce, elle ne la reverra plus jamais. Le père de famille quitte alors aussi. On comprend que l’homme d’affaire à des mœurs douteuses et qu’il charmait le père de famille. Très longtemps, l’histoire reviendra et le père de famille aura honte. La mère quant à elle la racontera pour servir d’avertissement contre le chaos que le père a frolé.
Quand on raconte cette histoire, on sent la honte du père et puis on a honte aussi. Il y a sûrement une morale, mais je ne sais pas laquelle.
PATCH-WORK
La vérité n'existe que dans l'expérience et encore seulement dans l'expérience de chacun, et même dans ce cas, dès qu'elle est rapportée, elle devient histoire. Il est impossible de démontrer la vérité des faits et il ne faut pas le faire. Laissons les habiles dialecticiens sur la vérité de la vie. Ce qui est important, c'est la vie elle-même. Ce qui est réel, c'est ce que je suis assis ici à côté de ce feu, dans cette pièce noircie par la fumée de l'huile, que je vois les flammes dansant dans ses yeux, ce qui est vrai, c'est moi-même, c'est la sensation fugitive que je viens d'éprouver, impossible à transmettre à autrui. Dehors, le brouillard est tombé, les montagnes sombres se sont estompées, le son de la rivière rapide résonne en toi et ça suffit.
Gao Xingjian, extrait de : La montagne de l'âme
Extrait du monologue de JULES
Puis je me retrouve par terre, la figure contre le ciment froid et je ferme les yeux, parce que la fraîcheur du béton me fait du bien, et je voudrais dormir. Mes poignets me brûlent tant, que je donnerai tout pour ne plus sentir cette douleur, âcre, alors je plonge encore plus bas dans mes profondeurs, et je ne vois plus rien, je n’entends plus, et lui il continue de frapper. Je ne sens plus ma chair, je me concentre sur le néant, le néant dans ma tête, le néant dans mon corps. Et je suis comme le nageur, sous l’onde métallique d’une mer agitée, j’agite les bras comme je respire pour ne pas crever.
Et j’ondule sous l’onde métallique.
Extrait du monologue d'HERVÉ
Je m’appelle Hervé. Je suis née le 23 mai hors des frontières de cette belle province qui se souvient. J’y aie vécu un certain temps avant que ma famille déménage à Montréal, à l’âge de 7 ans. Une grande bâtisse en brique jaune, haute de six étages, des pièces sombres, une bonne, le grand chêne pleureur, le bois des tentures qui s’effritaient, l’odeur du gaz, ma mère qui tricote, ma sœur qui joue du piano avec l’instituteur, elle joue mal, le bruits des voisins qui marchent dans le couloir, les portes qui claquent, le vieux qui mâchouille un anglais incompréhensible avec un accent du sud, le bruit de ses bouteilles qui s’entrechoquent de l’autre côté du mur, la famille d’Indiens, ils me sourient, le petit qui joue avec son tricycle en fonçant dans les portes du couloir, la buanderie où je vais me cacher, pour entendre un peu mieux le silence. L’odeur des poubelles de la cave, les vieux bois morts, les cadenas des lockers que je fais sauter, des entrepôts insignifiants. Voilà ce qui me rappelle le premier appartement. Cela ne vous intéresse pas ? J’écris des poèmes dans un vieux cartable, de très mauvais vers qui ne disent rien. Alors je prends l’autobus 24, on remonte la rue Sherbrooke, on tourne sur Berri, on revient sur Sherbrooke et on traverse le parc Lafontaine. Je griffonne des mauvais vers. À la station de métro, je reprends à sens inverse. Deux heures de perdus. Je reviens. Julie ne joue plus. Ma mère me montre son foulard. Elle me le fait passer autour du cou. Tu es beau, qu’elle me dit. Elle m’embrasse. Elle ne peut pas s’empêcher de m’embrasser. Je me laisse faire, au tout début, mais ensuite je réussis à chaque fois à éviter ses lèvres froides sur mes joues. Elle sourit davantage.
Ma sœur et ma mère me regardent. Tu es beau. Elles sourient encore. Ma sœur passe un bras contre mon épaule, ma mère me prend la main et caresse les bouts de mes doigts. Tu es beau.
Extrait du monologue d'ALICE
Je faisais des rêves étranges ou je ne rêvais pas du tout. Je marchais dans la campagne, dans un monde sans oxygène. Un curieux paysage de routes désertes, sans âme qui vivent. Tout demeurait figé. Je montais sans cesse la même colline.
Gao Xingjian, extrait de : La montagne de l'âme
Extrait du monologue de JULES
Puis je me retrouve par terre, la figure contre le ciment froid et je ferme les yeux, parce que la fraîcheur du béton me fait du bien, et je voudrais dormir. Mes poignets me brûlent tant, que je donnerai tout pour ne plus sentir cette douleur, âcre, alors je plonge encore plus bas dans mes profondeurs, et je ne vois plus rien, je n’entends plus, et lui il continue de frapper. Je ne sens plus ma chair, je me concentre sur le néant, le néant dans ma tête, le néant dans mon corps. Et je suis comme le nageur, sous l’onde métallique d’une mer agitée, j’agite les bras comme je respire pour ne pas crever.
Et j’ondule sous l’onde métallique.
Extrait du monologue d'HERVÉ
Je m’appelle Hervé. Je suis née le 23 mai hors des frontières de cette belle province qui se souvient. J’y aie vécu un certain temps avant que ma famille déménage à Montréal, à l’âge de 7 ans. Une grande bâtisse en brique jaune, haute de six étages, des pièces sombres, une bonne, le grand chêne pleureur, le bois des tentures qui s’effritaient, l’odeur du gaz, ma mère qui tricote, ma sœur qui joue du piano avec l’instituteur, elle joue mal, le bruits des voisins qui marchent dans le couloir, les portes qui claquent, le vieux qui mâchouille un anglais incompréhensible avec un accent du sud, le bruit de ses bouteilles qui s’entrechoquent de l’autre côté du mur, la famille d’Indiens, ils me sourient, le petit qui joue avec son tricycle en fonçant dans les portes du couloir, la buanderie où je vais me cacher, pour entendre un peu mieux le silence. L’odeur des poubelles de la cave, les vieux bois morts, les cadenas des lockers que je fais sauter, des entrepôts insignifiants. Voilà ce qui me rappelle le premier appartement. Cela ne vous intéresse pas ? J’écris des poèmes dans un vieux cartable, de très mauvais vers qui ne disent rien. Alors je prends l’autobus 24, on remonte la rue Sherbrooke, on tourne sur Berri, on revient sur Sherbrooke et on traverse le parc Lafontaine. Je griffonne des mauvais vers. À la station de métro, je reprends à sens inverse. Deux heures de perdus. Je reviens. Julie ne joue plus. Ma mère me montre son foulard. Elle me le fait passer autour du cou. Tu es beau, qu’elle me dit. Elle m’embrasse. Elle ne peut pas s’empêcher de m’embrasser. Je me laisse faire, au tout début, mais ensuite je réussis à chaque fois à éviter ses lèvres froides sur mes joues. Elle sourit davantage.
Ma sœur et ma mère me regardent. Tu es beau. Elles sourient encore. Ma sœur passe un bras contre mon épaule, ma mère me prend la main et caresse les bouts de mes doigts. Tu es beau.
Extrait du monologue d'ALICE
Je faisais des rêves étranges ou je ne rêvais pas du tout. Je marchais dans la campagne, dans un monde sans oxygène. Un curieux paysage de routes désertes, sans âme qui vivent. Tout demeurait figé. Je montais sans cesse la même colline.
Pseudologia Fantastica

: : recherche sur JULES
FÉNÉLON, Gilles. « Le syndrome de Munchaussen», Presses universitaires de France, série «Nodules», Paris, France, 1998, 127 pages.
Cette conduite n’a aucun sens apparent.
Maladie réputé rare, au regard des autres troubles factices. Souvent peu rapporté. Aucune étude épidémiologique. La nature même du syndrome empêche d’avoir une idée de sa prévalence : à l’évidence, la proportion de cas ou le diagnostique n’est pas fait est inconnue, tous les cas reconnus ne sont pas publiés tandis que ceux reconnus le sont plusieurs fois...
Voilà le premier défi : Ne pas ajouter au malheur par des erreurs diagnostiques et des traitements inutiles.
Longtemps considérés comme anecdotiques, comme de pittoresques scories de la «vraie» médecine, ces comportements sont à présents regardés de manière moins condescendante – même si, nous le verrons, l’ironie et l’irritation transparaissent toujours dans certaines réactions. C’est que les interrogations et que soulignent ces malades sont graves et pressantes.
Le voyage de ces hommes et des ces femmes, leur apparente maîtrise des situations, leurs extraordinaires jeux de masque ne doivent pas faire croire à l’expression d’une liberté. Leurs routes mènent à l’enferment dans une chambre d’hôpital, quelques fois dans une cellule si ils sont aussi délinquants.
Prisonniers de leurs fables, de leurs stéréotypes, quelques fos de la drogue, leur itinéraire est en boucle et leur seul projet, la réitération. Sur leur corps même finissent par s’inscrire doutes et accidents médicaux. Mais s’il livre son corps aux médecins, ce malade «autrement» se dérobe à leurs questions, refuse leur aide, dénie la souffrance et, Sisyphe solitaire, retourne à son rocher (de fatima ?) au risque de l’écrasement
Sans demande, sans discours à une souffrance enfouie qu’on ne peut présumer, il fuit tout essai de traitement.
C’est là le deuxième défi, plus ardu que le premier : Comment dépasser le rempart de facticité, faire accepter une aide dans le saccage d’une existence?
Il ne faut pas se voiler la face : le problème est insoluble dans la grande majorité des cas, ce qui ne devrait pas être une raison pour renoncer dans tous les cas. Quelques – trop rares- observations incitent à ne pas se réfugier définitvement dans un négativisme résigné, un sentiment pourtant inévitable à un moment ou à un autre de la rencontre.
Le comportement décrit sous le soum de syndrôme de Munchaussen reste une énigme. Bien que l’on fasse souvent état de structures de type état-limite ou de personnalité psychopathique, facticité et départ précipité ne permette pas, dans la plupart des cas, l’abord psychopathologique. Pour autant, ces malades ne sont pas des extra-terrestres : il arrive, rarement, que la rencontre avec un parent permette de débrouiller un peu l’écheveau des mensonges et de l’errance, d’accéder à la vérité d’une enfance, de retracer fuites et ruptures. Ces fragments biographiques ne sont pas explicatifs, ils fournissent quelques pistes et rendent le malade à son humanité, le soignant à sa compassion.
Le médecin, tour à tour trompé, manipulé et réfuté, reste au bord du chemin et ne résiste pas toujours à la tentation du rejet. Ces malades sont des dynamiteurs, et pas seulement de leur vie même : leur passage ébranle les fondations de la pratique médicale, mettent à nue certains comportements, certains regards sur les malades et la maladie. Lointains héritiers de «dégénérés» de Morel et de Magnant, puis des mythomanes «constitutionnels» de Dupré, ils n’échappent pas toujours au jugement moral s’ils échappent à la médecine... Il ne faut pas fuir ce dernier défi, éluder les questions que nous posent ces hôtes fugaces de nos hôpitaux, ces «fables en marche».
****
La maladie de Munhaussen fait référence à un trouble factice (et non de simulation), dans un cadre intéressant d’étude sur des gens exagérant leurs troubles. Études de Gauvin sur les « Sur les maladies feintes et factices, principalement chez les soldats et les marins». (...) Si la grande majorité des marins et des soldats ont vue quelques avantages, certains sans autre motif, semblent éprouver une inexplicable satisfaction à tromper leurs officiers, camarades et médecins». Intéressant dans la perspective de créer un personnage, sans aucun but apparent, rapport à l’histoire et l’Histoire.
Pathomimies : (Dieulafoy, cas de Paul Bourget, 1908 : un homme simule une maladie et réclame plusieurs chirurgies qui l’amputent. Fabrique lui-même des lésions qui apparaissent régulièrement et avec une grande rapidité. Un jour, il passe aux aveux et Dieulafoy avec un collègue décide de nommer cette forme pathologique d’un nouveau nom) : «Les pathomimes de cette catégorie ne retirent de leur actes aucun profit, aucun bénéfice ; mais ils éprouvent une joie intime à se rendre intéressants et à se faire plaindre, ils ont une grande satisfaction à mystifier leur prochain (..) et, une fois engendrés dans cette voie néfaste, ils s’y complaisent ils n’en peuvent plus s’en sortir, ils n’ont pas la volonté, ils n’ont pas de libre arbitre.»
***
...qui craignait d’abord que le malheur survienne, finit alors pas s’inquiéter qu’il ne survienne pas – Shakespeare (Périclès)
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